Une cerise sur son arbre,
Se mettait sur ses gardes
Aux derniers jours du printemps,
Lorsqu'on lui parlait de son teint blanc.
Alors que les autres, couleur passion,
Absorbaient les doux rayons
Elle restait sous sa feuille cachée
De la peur de la moquerie de ses aînées.
Les moineaux, festoyant l'été arrivant,
Se jettèrent sur les fruits bien mures,
Et les cerises contre le vent,
Se battaient pour leur mener la vie dure.
Mais rien ne fit son effet
Et les oiseaux purent se régaler
Jusqu'à ce que vint la dernière
Qui avait un goût tout à fait amère
De suite l'oiseau la recracha
Celle-ci rougit de colère
Le sucre monta dans ces arthères
Et d'un coup elle pris du poids.
Le volatile tout surpris
Redonna un coup de bec,
L'avala sans faire un pli,
Puis il decolla aussi sec
Quand on a la chance d'être unique,
Pourquoi sembler à ses semblables?
A moins de tomber dans les mêmes pièges pathétiques
De la beauté déraisonnable...